conception / rédaction 

PUBLICATIONS / COLLABORATIONS

Spécialisée dans le story telling, la création d'univers complet autour d'un conte, qu'il soit une histoire érotique ou autre, je m'attèle à mettre à travers chacun de mes mots l'émotion parfois perdue.

*

Ceux qui m'ont fait confiance:

*

Le Secret des Amants

Gamme de trois vins, sortis sous forme de contes.

Vin rouge: Les amants naissants, Syrah

Vin blanc: Les vieux amis, Viognier.

Vin rosé: Les amants de toujours, Viognier

~

Chapitre 1

Les amants naissants

Les amants restent amants toute leur vie.

Ils se voient en secret, à l’abri des regards,

et savourent leurs verres de vin,

de cette bouteille qui les unit enfin.

Leur lien.

Du cœur de l’un, du verre au verre,

« tchin tchin », jusqu’au cœur de l’autre.

Comme un serment entre deux regards,

et le flot de mots qu’ils partagent jusqu’à la dernière goutte, du vin sacré.

Secret.

Une bulle intemporelle où leurs âmes sont liées.

~

Chapitre 2

Les vieux amis

Table.

Dîner.

Ça fait longtemps qu’ils ne se sont pas vus.

Ils ne savent pas quoi se dire,

ni par où commencer.

Le silence est doux, la fièvre monte.

Alors il ouvre la bouteille, et pendant

que le liège s’étire, la tension est palpable.

Pop! L’attente interminable se rompt

alors que s’écoule dans les verres la soif

de questions. Et tout ce qui s’échappe

de ses lèvres:

 

«- Raconte moi tout »

~

Chapitre 3

Les amants de toujours

« Où va-t-on ?

-Tu verras. »

 

Elle a mis son rouge à lèvres.

Il a laissé sa montre chez lui,

car le temps importe peu avec elle.

 

La nappe amidonnée,

comme le col de sa chemise,

prêts à être rougis par mégarde,

par le vin ou par ses lèvres.

 

Les joues pourpres, elle souriait,

et son vernis à ongles rendait honneur au vin,

qui sortait sa robe sanguine,

celle des soirées inoubliables.

À l’occasion de leur évènement presse, six chambres de l’hôtel  quatre étoiles L’Hotel C.O.Q sont occupées par la marque. Un texte est écrit pour chacune des chambres, ainsi que plusieurs phrases sont accrochées dans les couloirs, afin de guider la visite, et de rythmer sensuellement la journée recrée par L’Impatience.

*

L'impatience lingerie

CHAMBRE 11

10H14

Lettre à ma chère Aube.

Il n’y a pas plus beau réveil mon amour,

que de sentir ta présence au petit jour.

Tes cheveux sont comme des champs de bataille

où la guerre n’aurait de cesse que de gagner du terrain.

Le soleil naissant, vient nourrir ton sourire embrumé,

en s'accrochant à chaque commissure de tes lèvres,

que la nuit avait figé,

alors que tes rêves impriment nos draps sur ton corps

de la marque de tes virulents combats.

Je n'exige qu'une seule chose, c'est qu'à mon tour

Sisyphe me frappe de son ultime supplice, 

et que te voir ainsi chaque matin, 

me fasse ressentir cet éternel vertige.

CHAMBRE 13

15H53

Elle est là,
splendide nymphe qui se lasse

d’être goûtée du bout des doigts

et préfèrerait être dévorée des yeux.

 

Elle se contemple, et chaloupe son corps

de fine dentelle et de cuir brodé.

Ses vallées, ses monts,
asservissent tous les hommes autour d’elle,

et comme des milliers de vassaux,
leurs doigts tentent de lui obéir et suivent le sillon

de son parfum enivrant,

pendant qu’elle explore son propre reflet,

satisfaite et heureuse.

CHAMBRE 22

21H49

Je vois ses courbes balancer...
droite, gauche... droite, gauche...

La maladresse de mes pupilles se sent

et mon regard chavire,

ivre de sa souplesse et sa liberté.

Sur mon front perle la sueur.

Elle est à moi, et mes mains immobiles, impatientes,

rêvent de venir à sa rencontre.

Mon corps se perd dans les méandres musicales

qui entourent sa danse, sur sa peau de velours,

et dans la dentelle qui l’habille.

Je voudrais qu’on bande encore mes yeux
car à sa vue je sais que l’enfer n’est pas loin.

Plus une goutte de ma vertu ne me retient.

Je la veux, douce, sous mes draps.

CHAMBRE 12

13H28

Chair délicate,

et toujours de saison.

Sucrée sous le soleil,

Salée après la plage.
Rien de plus doux que la saveur de ta peau,

Lorsque sous mes mains tu rougis.

CHAMBRE 15

18H28

Elle est là,

Viens voir par ici coquin,

et choisis moi une chanson.

Tu sais que tu as le choix, vilain,

Alors fais le bon.

Fais moi danser,
Fais moi vibrer,

Fais moi rire et fais moi chanter.


Je m’en fiche du monde autour,

Tout ce que je veux

C’est que tu me déshabilles

et que tu me fasses l’amour.


Viens voir par ici coquin,

Et choisis moi une chanson,
Tu sais que tu as le choix, alors sois malin,

Et fais le bon.

CHAMBRE 21

23H09

Tant rêvée, ta trace est indélébile.

Pas un songe ni même le temps,

Ne pourra me faire oublier

ta dentelle entre mes dents.

Thématique du mois de février: l'amour.

*

LE CHAT NOIR

LA VALSE DES TRENTE BOUGIES

Féline et câline elle cherche l’amour, 
toujours vêtue de noir et de sa peau de velours,
Elle attend le week end comme une délivrance,
Contrainte par ses pairs de faire la différence. 

Lourdement habillée par les froides nuits d’hiver, 
mais l’esprit aussi léger que l’air,
Sa vertu disparaît après quelques verres, 
S’abandonnant aux bras de celui qu’elle préfère.

Elle attend comme chaque dimanche matin,
Après qu’il soit parti « devant promener son chien »,
Un message, un appel, lui disant « c’était trop bien »,
Sans jamais suivre d’un autre qui dirait « on se voit demain? ».

Alors elle raconte à ses amies comme sa soirée était géniale,
Espérant secrètement que ce moment bestial,
Ne soit pas seulement un interlude à son célibat, 
Mais le début de l’amour et de ses émois. 

Pourtant libérée elle constate, 
Que malgré sa détermination elle fut consommée sans qu’on la recontacte,
Et qu’un de plus comme trophée, finalement laisse des traces, 
De griffures acérées sur son cœur qui se lasse.

Thématique du mois de mars: le chat et la souris

LA FIN DU MONDE

(La Défense)
Les Chats:

Ô souris effrontées ! Êtres vils des rues, femmes des trottoirs, vous qui ne dormez jamais.

Êtres sans répit....Vous faites la fête, vous rêvez, vous mangez et dégustez nos restes,

et maintenant vous voulez plus encore ? Nous voulons plus de votre sueur, de votre peur,

de vos pleurs. Je vous le dis pauvres pécheresses, ne croyez pas que notre fin est là.

Vous êtes le cyanure de nos rues, vous réingurgitez ce que vous régurgitez...

Des antibiotiques, des œstrogènes... bientôt rattes, vous quémandez l’égalité, mais sans aucun moyen de vous défendre !

Heureusement que nous sommes là, nous les chats !

À battre trop des cils pour gratter quelques restes, à faire remuer les queues pour

que l’on vous regarde, alors que sans vous le monde irait plus droit. QUOI ?!

Sans vous le monde n’existerait pas? Écoutez nous, souris ! Il faut se résigner.
Le monde allait mieux lorsque vous ne sortiez que la nuit...

(L’accusée)
La Souris:

Je bois certes, je danse aussi. Je sors, j’me colle aux gens que je rencontre.

J’les drague, j’les fume, j’m’en sers puis je m’en décolle. Je les écoute, je retiens rien,

je m’en balance, je bouffe la vie et votre poison. Je le vomis avec une putain de gueule

de bois le lendemain. Je dors, je regarde Netflix, j’aime les films d’horreur, et j’aime

les chats parce qu’ils sont chats, pas parce qu’ils sont matous. La nuit j’ai pas peur.
Je cries, j’écris, je rate et je réécris, je chante, je hurle beaucoup aussi.
Je pleurs en mangeant le cyanure que vous injecter dans votre propre nourriture,

ou quand je dors et que je ne me suis pas faite chasser du week end.

Je cherche le sens de ma vie, et j’apprends à écrire mes émotions pour que les gens

se souviennent des maux d’aujourd’hui. Pour que les gens s’en souviennent quand

j’aurai plus d’espace de stockage et que je serai grabataire.
Je rêve, je marque mes rêves. J’en ai trop. Pas assez de temps.

Trop de chats dans les rues et pas un qui ferme l’œil ou ne l’ouvre un peu plus grand.

Pas l’ombre d’un chasseur de tête, ni d’une chasse à courre.

Pas un seul chat qui me fassela cour. Seule la chasse aux sorcières et plus aucune souris dehors. Et que de chats orphelins... Hystérie, trop de fourrure sur le corps, pas assez souris

et un peu trop chatte... Je dessine ma chatte d’ailleurs, et note tous mes orgasmes,
parce que j’ai peur que ma vie m’échappe. Pourtant je la regarde, je la contemple,

et je l’aime même si elle me fait mal. Comme si mes autres vies de chatte avaient été trop faciles, il a fallut que cette fois-ci je sois souris. «Il faudrait un peu plus sourire mademoiselle !» s’octroient le droit de dire les chats! Quel comble... Sourire avec cette vie...

Mais au moins je vis, là où d’autres sont mortes, et si la vie est violente au moins je la ressens jusqu’aux plus profond de mes entrailles.

Thématique du mois de juin: la poisse

LA POISSE

Quand on est comme moi,

noire jusqu’au bout des doigts,

griffes au cou, acérées,

Prête à en découdre, pas d’quartier,

On subit tous les préjugés,

Malchance qui nous colle au poil,

Un phare en pleine nuit,

Et s’en suit brumeuse destinée.

On la porte on la donne

On l’enfile comme un costume,

Funeste voile de madonne

Et rendez vous postumes.

Mais j’ai d’la chatte,

J’la porte sur moi !

Mais les yeux rivés vers le ciel

Je réfléchis à ma condition, et me dit

« Mais j’ai de la chatte »

Enfin chanceuse de ma condition.

Car si je suis noire,

Je n’en suis pas moins chatte,

Et comme le dit le bel adage,

Si t’as d’la chatte c’est qu’y’a d’l’espoir.

Thématique du mois de juillet: l'été

Extrait du Tome 2 de La Prédiction, Nouvelle n°1: Le Souvenir


A mesure qu’alma écoutait le son du piano, la brise lui paraissait être les doigts du pianiste

qui jouaient sur son corps, et la douceur des caresses rythmait cette journée de juillet.

Sur ses paupières fermées valsaient les rayons du soleil, le bruit du vent comme un chef d’orchestre qui guidait l’été dans ses moindres sentiments.

 

Alma était transportée comme le ru dans les sillons de terre, la rivière entre les roches, le fleuve jusqu’à la mer, et sans jamais bouger de sa serviette elle voyageait dans la douceur

des émotions, retournant parfois dans celles heureuses de son enfance, celles des nostalgies adolescentes, pour revenir dans cette joie inconnue viscérale, naissant au creux de son ventre, dont elle prenait enfin le contrôle, avec qui elle faisait pour la seconde fois connaissance.

 

Elle était libre, et son corps presque nu sous la chaleur estivale en était le plus beau témoignage. Le bruit des oiseaux, de la faune provocante, lançait à son cœur l’appel sauvage lui enjoignant de ne plus apporter d’importance à autre chose qu’au moment présent.

Ses ongles longs, glissaient sur sa peau avec délice, douces griffures témoignant de l’instant, laissant pendant quelques secondes le duvet de sa peau hérissé dans un frisson familier.

Le soleil chuchotait à son oreille que sa chaleur lui rendrait ses forces perdues au combat de l’adolescence. Que la lutte terminée laissait enfin place à la douceur d’une torpeur dominicale.
 

Elle entrouvrit doucement les yeux, et vit les striures des volets de la maison valser sous

la chaleur mirifique des pierres qui constituait une digue pénétrant la mer.

Pareilles à des formes suaves et envoûtantes, ce délicieux mirage fit place à milles contes subliminaux à la lueur desquels Alma se laissait bercer.

Elle se leva, et alla au bord de l’eau, la fraîcheur sur ses pieds réveilla son corps.

Elle était chaleureuse, accueillante, renforçant les caresses dont elle aimait se nourrir.

Elle délaissa la douceur de Râ pour s’abandonner à Nérée, un amant plus voluptueux encore. Les éclats de lumière sur l’eau conféraient à Alma le sentiment d’être parée de mille joyaux, dont elle ne voulait plus se défaire. Sa métamorphose était similaire à la mue d’une anguille, elle laissait son corps terrestre pour devenir cette fille de l’eau, Néréide, et plongeait toute entière dans son nouvel être, dont les jambes la propulsaient dans les profondeurs bleues turquoises. Elle se retourna et ouvrit les yeux, contemplant sous l’eau Râ qui l’implorait de revenir à lui. Sa poitrine comme aimantée vers la surface remontait et elle laissait son corps aux mains de celui qui saurait la garder près de lui. Entre air et eau, la surface giflait son corps comme les tumultes d’une dispute amoureuse. Chacun jalousant l’autre, sans qu’aucun ne puisse jamais avoir le dernier mot. 

 Sa tête à moitié dans l’eau, laissait entendre le chant des abysses, sourd, grave, entrecoupé des cliquetis des ancres des bateaux alentours. C’était la mélodie de son être profond, de ses entrailles, de son âme, son ventre et son cœur grondant simultanément son désir de vivre

à jamais dans cette eau qu’elle appelait maison. Alors que sa tête se soulevait le temps

d’une vague, elle entendait le vent claquer, suppliant qu’elle revienne, implorant qu’elle ne l’abandonne pas. Tiraillée par ces deux forces pour lesquelles elle éprouvait autant d’amour, ses seins sortis de la mer comme deux îles désertées, devenaient des armes, des offenses naturelles, pointant le ciel pour le rappeler à sa source.

 

Elle était l’origine, la vierge, partagée, divisée, entre deux âges, celui de l’enfance et celui

des adultes, entre le cocon et la colère. Son ventre criait, alors que la douceur de ses cuisses qui se touchaient dans ce doux courant méditerranéen révélait à Alma des sensations nouvelles. Elle voulait fondre, se dissoudre, pour devenir la surface de l’eau, perpétuellement touchée par l’air, délicat, violent parfois, sans qu’il n’y ait jamais de répit, et qu’elle se transforme en vague, encore chaude du soleil, jusqu’à exploser sur la plage en une écume dévorante.

L’extrémité de ses pieds touchaient le sable, doux, et elle savait qu’à cet endroit il déposerait sur elle des milliers de paillettes qu’elle garderait même après s’être douchée.

PORTRAIT POUR LE CHAT NOIR

Le Journal m'a demandé un texte qui soit mon portrait, le voici

 

Chants des abysses ou galaxies nouvelles, j’explore l’inconnu pour parler d’amour.

J’ai dans le cœur la douceur d’un navire, et l’aventure au creux de la main. 

J’inspire, j’expire. 

 

Je lis les destins et contemple la lune, comme une boule cristalline enfouie sous le sein. L’encre comme canon jamais je n’amarre, car les vagues de l’âme n’ont pas de fonds

ni de fins. Sur le pont je fais fondre les larmes, munie d’armes et de dons, la rage aux tripes

et aux doigts l’or du voleur, les voiles me font chavirer, gonflées par le vent de la bonne aventure.

 

Des cœurs épanchés coulent des cascades pittoresques, je les remplis de la douceur du temps qui passe. Je révèle des secrets, enfume, provoque, parfois même j’allume, souvent j’escroque.


Pirate, je troque les images contre des mots, langue de vipère acerbe, et douceur des maux.
Nomade je parcours les océans, à la recherche d’or pour parer mon corps, sorcière aux amulettes je jette des sorts, et je souffle dans votre cœur le vent des délivrés.


 

*

GANG DE BICHES

Nouvelle érotique pour le magazine féminin féministe Gang de Biches

L'ORIGINE DU RIVAGE

 

.                           Comme une madeleine de Proust,
         je cherchais dans tous mes gestes, dans tous mes mots,

                              comment faire revivre ces moments que je voulais immortels.

     Sans cesse revenait ce souvenir,

                                            celui de ton corps contre ma peau, de ton odeur, de ton goût.

 

          Allongée sur le sable, je me délecte des doux rayons du soleil de cette matinée dégagée,

pendant que la brise estivale chante encore à mes oreilles des bribes de nos conversations.

               Le grondement des vagues me rappelle la puissance de notre étreinte.

    Réminiscence de ton souffle sur ma nuque,

                         j’ai soudainement envie de me jeter dans l’océan pour ressentir encore

                                        la violence de ta passion.

 

                 Le sable chaud sur mes seins nus me donne l’illusion de tes mains sur moi.
                                 Sur mon ventre chaque grain griffe ma peau comme le faisaient doucement

                                             tes ongles lorsqu’ils retiraient ma petite culotte.

 

                                                   Delta de mes cuisses, collées l’une contre l’autre, transpirantes,

                                  fief inexorable de l’excitation que tu provoques chez moi.

Le bruit du vent dans les arbres et rasant le sable est pareil à celui de ton corps

                dans mes draps, de tes caresses sur ma peau.

Je me sens comme cette plage,
                  ce rivage humide, mouillé, qui réclame à chacune de tes vagues

                                            que tu viennes accomplir ton oeuvre la plus ancestrale;
                         me lécher, me violenter, m’éroder, me limer de toute ta force.

 

    Ma peau comme falaises et mon corps comme vallées, au bord de l’eau,

                       l’écume vient claquer sur ta langue qui assoiffe mes reins.

                                 Mais comme un tsunami dévastateur, avant d’envahir, chaque fois l’océan se retire. 

                    Je veux être innondée de toi, de ton amour, de ton iode, que coulent sur moi

                                  les pluies diluviennes de ta puissance, que nos éléments se déchainent

               et que mes moussons assènent à notre union mon désir tropical.

 

                                    Je te sens mistral, fort et déterminé à tout pénétrer,

                                             à tout dévaster sur ton passage, soulevant ciel et terre avant de tout purifier.

 

À travers mes paupières fermées le soleil projette la couleur de ta peau.

                Je lèche mes doigts et reconnais le goût de ta langue.

                                                            Étourdie par la chaleur de midi, je me lève,
                                             contemplant dans cette luminosité religieuse chaque grain de sable collé

               sur ma peau comme les prémices de ma métamorphose, et plonge dans l’océan brutal,                                              trempée de ton souvenir,

                                             pour me sentir enveloppée de toi et de notre jouissance passée.

               Je te laisse m’emporter dans ta mémoire, t’embarque dans la mienne

                              tout en flottant au gré des vagues souples et délicates de notre rencontre,

                                                            et me laisse bercer par notre délicieux naufrage.

*

LIVY STUDIO

Livy Hush Hush, l'instagram hot de la marque de lingerie LIVY, m'a demandé d'écrire un texte pour sa nouvelle gamme.

L'ORIGINE DU RIVAGE

 

.                           Comme une madeleine de Proust,
         je cherchais dans tous mes gestes, dans tous mes mots,

                              comment faire revivre ces moments que je voulais immortels.

     Sans cesse revenait ce souvenir,

                                            celui de ton corps contre ma peau, de ton odeur, de ton goût.

 

          Allongée sur le sable, je me délecte des doux rayons du soleil de cette matinée dégagée,

pendant que la brise estivale chante encore à mes oreilles des bribes de nos conversations.

               Le grondement des vagues me rappelle la puissance de notre étreinte.

    Réminiscence de ton souffle sur ma nuque,

                         j’ai soudainement envie de me jeter dans l’océan pour ressentir encore

                                        la violence de ta passion.

 

                 Le sable chaud sur mes seins nus me donne l’illusion de tes mains sur moi.
                                 Sur mon ventre chaque grain griffe ma peau comme le faisaient doucement

                                             tes ongles lorsqu’ils retiraient ma petite culotte.

 

                                                   Delta de mes cuisses, collées l’une contre l’autre, transpirantes,

                                  fief inexorable de l’excitation que tu provoques chez moi.

Le bruit du vent dans les arbres et rasant le sable est pareil à celui de ton corps

                dans mes draps, de tes caresses sur ma peau.

Je me sens comme cette plage,
                  ce rivage humide, mouillé, qui réclame à chacune de tes vagues

                                            que tu viennes accomplir ton oeuvre la plus ancestrale;
                         me lécher, me violenter, m’éroder, me limer de toute ta force.

 

    Ma peau comme falaises et mon corps comme vallées, au bord de l’eau,

                       l’écume vient claquer sur ta langue qui assoiffe mes reins.

                                 Mais comme un tsunami dévastateur, avant d’envahir, chaque fois l’océan se retire. 

                    Je veux être innondée de toi, de ton amour, de ton iode, que coulent sur moi

                                  les pluies diluviennes de ta puissance, que nos éléments se déchainent

               et que mes moussons assènent à notre union mon désir tropical.

 

                                    Je te sens mistral, fort et déterminé à tout pénétrer,

                                             à tout dévaster sur ton passage, soulevant ciel et terre avant de tout purifier.

 

À travers mes paupières fermées le soleil projette la couleur de ta peau.

                Je lèche mes doigts et reconnais le goût de ta langue.

                                                            Étourdie par la chaleur de midi, je me lève,
                                             contemplant dans cette luminosité religieuse chaque grain de sable collé

               sur ma peau comme les prémices de ma métamorphose, et plonge dans l’océan brutal,                                              trempée de ton souvenir,

                                             pour me sentir enveloppée de toi et de notre jouissance passée.

               Je te laisse m’emporter dans ta mémoire, t’embarque dans la mienne

                              tout en flottant au gré des vagues souples et délicates de notre rencontre,

                                                            et me laisse bercer par notre délicieux naufrage.